blog-f1 a écrit:Bah, déçu de cette non-course. Hamilton dans un fauteuil.
Accidents, pace-car, loterie
Il n’y a qu’une constante dans le sport, quel qu’il soit : le succès est lié à la désystématisation des résultats.
L’intérêt porté au foot ne résulte que de cette donnée. On peut tous regarder un match, même si on supporte le dernier du championnat et que l’on reçoit la première équipe, avec l’espoir raisonnable de gagner.
Sans cet espoir, alors le sport n’intéressera plus que les quelques fragments de pourcents de vrais sportifs, qui ont eux-mêmes pratiqué le sport, les seuls attachés à ce que les meilleurs gagnent, et tout simplement les seuls à reconnaître les meilleurs.
L’histoire récente de la Formule 1 nous montre que même les journalistes appartenant à cette dernière catégorie sont de plus en plus rares. Déjà en 2005 ils jugeaient presque tous que le championnat aurait dû revenir à McLaren car ils étaient plus performants que Renault et n’avaient perdu qu’à cause de problème de fiabilité ! Quelle hérésie ! Toute la F1 est basée sur l’équilibre entre ces deux paramètres. Toutes les écuries peuvent toujours (et c’était encore plus le cas à l’époque où les développements moteurs n’étaient pas bridés) choisir d’être plus rapide en perdant de la fiabilité et réciproquement.
Au foot, ceux qui militent pour l’introduction des caméras dans l’arbitrage, outre le fait qu’ils ne réalisent pas que cette idée est inutile car elle ne fera que déplacer le problème en pire, car, avec l’amoindrissement de la zone de compétence de l’arbitre, il deviendra encore plus dur d’admettre qu’il a in fine, par principe fondateur, toujours raison, se trompent de problème. Si leur souhait est de supprimer les aléas pour que le meilleur gagne toujours, alors :
a) ce n’est pas la bonne méthode. La seule solution efficace serait de revoir complètement la méthode d’attribution des points. En comptant 1 point pour un tir cadré, 2 points pour un poteau ou une barre, 1 point à l’adversaire pour un carton jaune, 2 points pour un penalty transformé et 3 points pour un but, on gommerait de façon bien plus efficace les aléas qu’en s’attaquant à une partie des erreurs d’arbitrage.
et b) ce serait la mort du foot assurée pour la raison précitée.
En Formule 1, le problème est identique.
Il ne fait aucun doute que si Hamilton dominait toutes les courses comme il l’a fait aujourd’hui, la Formule 1 perdrait 80% de ses spectateurs (dont en gros déjà la moitié soutiennent Ferrari…).
Pour cela, depuis plusieurs années tous les organisateurs, en prétextant une quête de spectacle, s’attachent à introduire de l’aléa dans les résultats. En cassant la domination d’une écurie (quitte à utiliser des pénalités ou des applications de règles douteuses), en nivelant le niveau par des gels de développements et en allant jusqu’à la proposition extrême de Flavio : faire partir les meilleurs en queue de peloton. La clairvoyance de Flavio (probablement aidé par Carlos) l'a conduit à accepter trop facilement en 2006 une série de sanctions/faveurs injustifiables en la défaveur de Renault, qui relança artificiellement à mi saison la lutte avec Ferrari, car il était évident que la victoire à huis clos est tout simplement inutile.
Dans toutes ces recettes, plus ou moins efficaces, pour mixer l’ordre établi, la catégorie dont s’accommodera le plus facilement les vrais amateurs sportif est celle qui augmente l’emprise des compétences du pilote sur le résultat.
La suppression de l’anti-patinage va clairement dans ce sens et les vrais amateurs l’apprécieront à sa juste valeur, même si elle induira d’inévitables accrochages au départ dont seront victime des bons pilotes. Mais c’est bien ceci qui garantira le succès de la Formule 1 en désystématisant les résultats. Et la course d’aujourd’hui en est une parfaite illustration. Un seul point pour le numéro 1. Les fans de BMW, Williams ou Renault chantent aujourd’hui. Dans une semaine ce sera à d’autres !

